Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Ednancyview

"Kinshasa kids" avec eux, le Diable peut aller merveilleusement au diable

31 Mars 2013, 13:19pm

Publié par Ednancy

V"Kinshasa kids" est l’histoire à la fois émouvante et captivante de huit enfants des rues, diabolisés et rejetés par leur famille. L’histoire se passe dans la capitale de la République démocratique du Congo. Ces enfants isolés de tous et même de leurs familles, ont pour rêve de former un groupe de rap pour échapper à leur sort.

C’est à ce moment que rentre en jeu, le cinéaste belge Marc-Henri Wajnberg. Ce dernier débarque en 2009 pour la première fois à Kinshasa, le berceau de la rumba. Son projet n’est autre que de pouvoir filmer des musiciens congolais. Dans cette quête, il s’immisce spectaculairement dans les faubourgs de cette ville bouillante de plus de six millions d'habitants, véritable choc pour lui. "Je n'avais jamais vu ça. Cette foule, l'énergie, la musique, c'est une ville qui pulse, qui parle, qui rit, mais c'est aussi la violence, la détresse, les pannes de courant et les coupures d'eau, c'est vraiment le chaos", se souvient-il.

Cette immersion du cinéaste belge dans le quotidien de Kinshasa lui fait découvrir les enfants de la rue, dont le nombre est estimé à plus de 15.000 (dont un quart de filles). La plupart de ces enfants des rues sont accusés d'être des "sorciers", possédés par le diable, un prétexte pour les soustraire à la charge de leur famille. Pour les "délivrer" du démon, les enfants sont envoyés dans les églises dites du Réveil. Là ils subissent des séances d'exorcisme, avec sévices et parfois tortures, qui les poussent à quitter leur famille pour se retrouver à la rue. Ces enfants, qu'on appelle localement "shégués".

Déstabilisé par le sort de ces enfants, le cinéaste décide de revoir l’objet de sa présence à Kinshasa, il change alors de projet. "J'ai eu envie de montrer la ville et la musique, et les enfants sont devenus l'âme et le moteur du film", explique Marc-Henri Wajnberg, auteur de quelque 3.000 courts métrages, à l'occasion de l'arrivée du film en salles en France le 3 avril, deux mois après sa sortie en Belgique. Il en a rencontré des centaines, effectué plusieurs casting, pour choisir Emma, José, Gaby, Joël, Gauthier, Michaël, Sammy, et Rachel la seule fille, tous âgés de 12 ou 13 ans.

Dans le casting du film, on retrouve également des adultes entre autre, le déjanté chanteur de raggamuffin Bebson de la Rue, qui s'improvise manager du groupe de gamins dénommé "Le diable n'existe pas", la restauratrice violoncelliste Joséphine, Django le handicapé, vendeur d'une improbable poudre aphrodisiaque, ou encore deux policiers corrompus et profiteurs, interprétés par les seuls véritables acteurs du film.

Le film en question essaye de retracer le quotidien et le malheur des enfants des rues. Entre fiction et réalité, le réalisateur réussit sans clichés à filmer leur quotidien: la situation des enfants est précaire, ils dorment sur des cartons à même le sol sur le toit d'un immeuble, au cœur d'un grand marché bouillonnant aux rues insalubres où  ils croisent les autres personnages. La débrouille et la rapine pour survivre, la faim, la violence, les larmes, mais aussi les rires, la solidarité, et le rêve grâce à la musique. Le réalisateur aborde aussi la question du viol, quand Rachel sera attaquée par une bande de "kulunas", les voyous des rues. Des répétitions joyeuses du groupe avec Bebson dans une petite cour à celle pleine de grâce de Joséphine et son orchestre jouant Mozart, jusqu'à la scène captivante du concert final sur le toit d'un café, la musique agit sur les enfants comme "un baume merveilleux", une "urgence vitale", selon le cinéaste.

Depuis la fin du tournage, les gamins ont connu des fortunes diverses. Emma a retrouvé sa mère et va à l'école, José, Gaby, Joël et Gauthier sont hébergés chez un éducateur, Michaël danse et se produit dans les bars de Kinshasa, où Sammy vit toujours dans la rue. Le film a bouleversé la vie de Rachel: choisie pour jouer dans "Rebelle" (Kim N'Guyen), pour lequel elle a reçu l'Ours d'argent de la meilleure actrice à Berlin en 2012, elle envisage de poursuivre une carrière dans le cinéma.

Voilà l’histoire des Kinshasa Kids, un film à voir bien sur et vous qu’en pensez-vous ?

Regardez la Bande annonce, ça promet !

Source: Afrique Expansion

 

Commenter cet article