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Ednancyview

Après la Françafrique, bientôt la Chinafrique ?

24 Octobre 2012, 22:02pm


    La chine est devenue le 1er investisseur du continent africain en doublant ses crédits (prêts) au continent. 20 milliards de dollars américains soit 16,5 milliards d’euros, c’est le montant des prêts que la chine s’est engagée à distribuer à l’Afrique durant ces trois dernières années. Certes, la présence chinoise favorise la croissance en Afrique mais n’y a-t-il pas un envers du décor très cruel à ces investissements ?

Pour François Lafargue, spécialiste de la chine, les motivations chinoises sont de plusieurs ordres. La chine est animée premièrement par une motivation énergétique : rappelons que l’Afrique constitue 10% de réserves mondiales de pétrole. Ensuite, vient la motivation minière : la chine s’intéresse aux minerais africains surtout des minerais tels que l’or ou le titane que l’on rencontre notamment en Afrique australe. A cela, ajoutons une motivation d’ordre commerciale : l’Afrique c’est quand même 1 milliards de consommateurs avec un faible pouvoir d’achat ; pour la chine, cela représente une opportunité pour fourguer en Afrique des produits et marchandises simples et à faibles prix.  

Cependant, ces investissements en Afrique ont des avantages assez visibles pour l’Afrique : Le Fonds Monétaire International (FMI) reconnait lui-même l’externalité positive de la présence chinoise sur l’économie africaine En effet, les investissements chinois reboostent la croissance économique africaine en permettant à l’Afrique d’être plus insérée dans l’économie mondiale. En effet, nombreux sont les pays africains qui ont vu leur produit intérieur brut global (PIB) s’accroître grâce aux investissements chinois qui, ont permis l’augmentation du prix des matières premières. Des retombées également positives pour l’éducation : selon l’Institut Confucius (établit en Chine), la chine prévoit 13 000 bourses pour les jeunes africains pour qu’ils puissent étudier en chine. Egalement présente dans les infrastructures et le BTP au détriment des français, la chine compte bien dominer le secteur bancaire africain. A vu d’œil, tout semble profiter aux africains, qui bénéficient largement de cette coopération sino-africaine. Cependant, il faudrait nuancer cette relation chine-Afrique.

En effet, malgré ces avantages, les investissements chinois en Afrique ont aussi des conséquences néfastes pour les pays africains : En effet, certaines PME africaines naissantes ont été touchées de plein fouet par la concurrence chinoise. Depuis l’établissement des entreprises de construction chinoises en Afrique, on constate que la main d’œuvre est souvent chinoise et non africaine. Il n’y a quasiment pas d’embauches pour les africains et de sous-traitance avec d’autres PME africaines. Ce qui fait que la population ne bénéficie pas toujours de l’aubaine engendrée par ces investissements. Mais qu’à cela ne tienne, il existe effectivement un envers du décor très mesquin de l’investissement chinois en Afrique. Par exemple, en 2010, dans la mine de Collum en Zambie, les cadres chinois avaient réagi aux revendications des mineurs zambiens révoltés pour le niveau de leurs salaires, en leur tirant dessus, blessant 12 personnes. Réalité cruelle qui amène à interroger sur l’avenir de la présence chinoise en Afrique.

En effet, la présence du géant asiatique suscite des débats très controversés tant en Afrique qu’à l’occident. Pour les populations africaines, il s’agit d’une nouvelle forme de colonisation appelée : « Colonisation douce ». En effet, interrogé un jeune africain répond que le chinois est différent du français car il apprend ta culture, mange chez toi sans préjugés, et essayent de s’accommoder à ton mode de vie. Pour un autre par contre, la Chine après avoir achetée l’Amérique en détenant les dettes américaines se lancent à la conquête de l’Afrique pour faire pareil sauf que la différence est là : les Etats-Unis restent une puissance alors que l’Afrique est en développement. Pour les américains, les pratiques chinoises en matière d’aide et d’investissement en Afrique ne sont pas toujours en accord avec les normes internationales de transparence et de gouvernance. Il revient donc aux  dirigeants africains de faire attention et de comprendre les dessous des motivations chinoises en Afrique.

Ces interrogations interviennent au moment où le gouvernement chinois et la communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) ont décidé ce mercredi de renforcer leur coopération commençant d’ailleurs par une requête des représentants de la CEDEAO, qui souhaitent que la Chine leurs assistent financièrement dans l’achèvement de la construction du projet d’autoroute trans-Afrique de l’Ouest de 2000 km. La Chine a répondu positivement à cet appel. Rappelons que la Chine est désormais le premier bailleur de fonds du continent, car du fait de la crise financière mondiale, Européens et Américains ont préféré diminuer leurs investissements en Afrique. Cette situation profite merveilleusement à Pékin. Mais la chine n’est pas la seule à vouloir nouer des liens très amicaux avec le continent. A l’inverse de cette dynamique chinoise, les pays tels que l’Inde et le Brésil arrivent massivement sur le continent africain.

Selon vous, ayant profitée du retrait des occidentaux, la Chine cherche t-elle uniquement à rapatrier les richesses du sous-sol africain ? Et parallèlement, à quand la conquête de l’Eldorado chinois par les entreprises africaines ?

A suivre…

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