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Ednancyview

Business: quelle place pour la femme africaine?

29 Octobre 2012, 16:37pm


   Cette dernière décennie a vu naître l’émergence des femmes africaines dans les positions dirigeantes, en politique et dans les milieux d’affaires hermétiquement fermés aux africaines. Que ce soit en politique, dans la vie publique ou dans les milieux des affaires, les femmes africaines ont décidé de prendre leur destin en main. En Afrique, on constate le plus souvent, l’absence des femmes au parlement ou dans les administrations publiques. Par exemple, dans les conseils d’administration des 25 plus grandes capitalisations africaines, seul un membre sur dix est une femme ou ne comptent pas la moindre présence féminine. Dans le secteur privé africain, une femme salariée sur vingt-six occupe un poste de direction, contre un homme sur cinq (enquêtes sur les entreprises, Banque mondiale 2010).

Alioune Gueye, PDG du groupe marocain de conseil Afrique Challenge affirme à ce sujet : « A l’Africa Singapore Business Forum, sur environ 400 personnes, je pouvais compter les africaines sur les doigts de la main ! ». Lorsqu’on travaille à des niveaux de direction, y compris en Europe, il y a toujours une domination masculine. Mais en Afrique, cette dimension est beaucoup plus importante confirme Paul Mercier, directeur général de Michael Page Africa, l’un des cabinets de recrutement internationaux d’Afrique.

Ce phénomène est communément appelé le concept de glass ceiling ou de plafond de verre. En effet, selon ce concept américain, il existe des barrières dans l’organisation hiérarchique d’une entreprise ou d’une organisation qui font que la femme ne peut pas devenir cadres ou managers dans une entreprise et ce cantonnerait le plus souvent à des rôles de secrétaire. Ce concept est également appliqué aux femmes africaines. Pour Abdoulaye Binate, directeur des ressources humaines de l’agro-industriel Sifca en Côte d’Ivoire : « la faible représentation des femmes dans le milieu des affaires est aussi à chercher à la source, au niveau du nombre de candidatures et du vivier de talents féminins existant ». Plus souvent, c’est la scolarité des femmes qui rentre en jeu. En effet, nombreux sont les femmes africaines qui n’ont pas fréquentés l’école. L’éducation et à une formation universitaire reste donc un défi majeur pour l’accès des femmes aux postes dirigeantes au sein des grandes entreprises.

Le plus souvent, les femmes qui arrivent à briser ce plafond de verre et  à accéder aux plus hautes responsabilités dans une organisation sont généralement des femmes qui ont toutes ou presque suivi leur formation à l’étranger, et dans les plus grandes et prestigieuses universités américaines ou européennes (Harvard, Princeton, London Business School…). Pour Paul Mercier, de Michael Page Africa, il n’y a pas de hasard, lorsque vous obtenez un MBA à l’université de Columbia à New York, le fait que vous soyez une femme ou non ne changera pas grand-chose, vous serez embauchée par une grande banque par exemple. Le point que souligne Paul Mercier est très important dans la mesure où en Afrique, le secteur bancaire et financier est le secteur qui recrute le plus de talents féminins, surtout ceux sortant des grandes écoles internationales. Les banquières représentent ainsi 71% des 456 femmes occupant des postes dirigeantes dans les entreprises africaines. Citons Ecobank, deuxième banque de l’Afrique de l’Ouest dont, 44% des employés et 31% des cadres sont des femmes.

Lors du Women’s Forum de Deauville en France du 10 au 12 octobre 2012, une rencontre annuelle qui donne la parole aux femmes de pouvoir dans le monde, l’Afrique était à l’honneur. PDG, cadres, dirigeantes, directrices générales, jeunes entrepreneurs, la présence des femmes africaines était remarquable. Venues du Kenya, du Sénégal, de Zambie ou d’Afrique du Sud, elles étaient nombreuses. Selon la vice-présidente du Women’s Forum, il y a 15 ans ce phénomène n’existait pas. Aujourd’hui, les femmes d’affaires africaines sont de plus en plus nombreuses à se presser au grand sommet annuel des femmes de pouvoir dans le monde.

Source: Jeune Afrique.

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African Plan 28/11/2015 20:22

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