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Ednancyview

Faut-il reformer le système universitaire africain ?

22 Octobre 2012, 21:49pm

Publié par Ednancy

 

 

Dans la majorité des pays africains, les universités crées après l’indépendance avaient comme objectif, la construction d’un Etat moderne par la formation de fonctionnaires et de cadres dont les qualifications correspondaient aux exigences de l’époque. Cependant, force est de constater qu’aujourd’hui, l’Afrique a besoin de nouvelles compétences et de qualifications locales. Néanmoins, ces compétences ne peuvent pas être trouvées en Afrique puisque nos universités ne sont pas en mesure de les fournir. Cela constitue un véritable problème pour le développement de l’Afrique.
 
A l’heure où, les fruits de la mondialisation se font ressentir partout dans le continent, ne serait-il pas temps de revoir l’ensemble de notre système universitaire afin de pouvoir l’adapter aux préoccupations et priorités uniquement africaines. Contrairement aux idées reçues, l’Africain est intelligent, travailleur, motivé et capable de s’adapter à tout changement qui lui sera bénéfique. L’Afrique bénéficie aujourd’hui d’une croissance économique assez rapide, en plus, elle est en proie à une véritable révolution technologique. N’aurait-elle pas aussi besoin d’une révolution de l’éducation ?
 
Comme le montre, le rapport du cabinet britannique Robert Walters, l’Afrique a besoin de compétences locales, malheureusement la main d’œuvre locale ne correspond pas aux exigences des employeurs qui sont pour la plupart des entreprises privées installées dans le continent. D’où, il faudrait faire appel aux expatriés et étudiants de l’étranger en biaisant la main d’œuvre locale. L’Afrique peut remédier à cette situation. La seule solution est de modifier les bonnes vieilles méthodes, il faut un renouveau du système universitaire africain. 
 
Ce renouveau passe en premier lieu par un suivi personnel du futur étudiant. En effet, le lycéen qui détient son baccalauréat n’est pas capable de se projeter dans le futur. Ne sachant pas ce qu’il veut faire dans la vie, il choisit la première filière qui lui semble facile. N’ayant pas été renseigné au préalable sur les exigences de cette filière ou ne sachant pas lui-même ses propres motivations, il finit par abandonner. Le manque de personnel capable d’orienter le futur étudiant dans sa vie universitaire est une plaie du système éducatif africain qu’il faut panser immédiatement par la mise en place d’une structure d’aide aux pré-universitaires. Le but de ce bureau serait d’orienter et de renseigner le futur étudiant sur ses choix d’études universitaires, sur ses projets professionnels et sur ses perspectives de carrières. Certes, tout ce changement aura un coût pour nos dirigeants. L’instauration d’une telle structure nécessite le recrutement d’un personnel compétent qu’il faudra rémunérer. Mais nos dirigeants doivent savoir que cela va pour le bien des étudiants et de la nation. Car il s’agit là d’un investissement en capital humain favorable au développement du pays.
 
En second lieu, l’offre de formation des universités doit être revue soigneusement. En effet, l’offre de formation d’il y a plus de 50 ans ne correspond plus aux exigences des emplois actuels. Nous sommes en 2012, les programmes de formation doivent être réadaptés aux métiers les plus demandés dans le pays. En Afrique Subsaharienne, les formations universitaires s’articulent autour de la Médecine, le Droit, l’Economie et les Maths.  Peu de choix possibles pour les bacheliers, du coup, on se retrouve avec des étudiants avec les mêmes diplômes. Qui choisir ? Bref, l’heure est au changement pour l’Afrique. Afin de savoir quelle offre de formation correspond le plus aux besoins du marché local, il faudrait revoir minutieusement les priorités africaines. L’offre de formation devrait avoir un lien avec le marché du travail local pour éviter la situation dans laquelle l’offre de travail serait inadaptée à la demande de travail.
 
Si on croit le classement des universités africaines en Afrique et dans le monde, l’Afrique serait très mal en point au niveau du système universitaire. La première université africaine est l’université du Cap en Afrique du Sud, elle occupe un rang de 324ième au niveau mondial. Sur 100 universités africaines classées, l’Afrique du Sud occupe les 10 premiers rangs à l’exception de l’Egypte, avec l’université du Caire qui est classée 8ième. Le Ghana ressort 13ième avec son université Kwame Nkrumah de science et de Technologie. Le Sénégal avec sa prestigieuse université Cheikh Anta Diop de Dakar 17ième en Afrique et 2065ième au niveau mondial. Sont absents du classement la majorité des universités des pays de l’Afrique Subsaharienne, par contre les universités de l’Afrique anglophone se disputent le long du classement.
 
Sur ce point, il faut signaler l’existence d'un projet en cours. La BAD (Banque Africaine de Développement) essaye de mettre en place un nouveau projet pour rénover le système éducatif africain. L’idée est de créer une université panafricaine appelée université d’élite. Il s’agit d’un projet à 30 millions de dollars US qui nécessitera la création de cinq (5) pôles universitaires en Afrique. Le pôle universitaire spécialisé dans les métiers de l’agriculture sera basé au Nigéria ; Le pôle universitaire spécialisé dans les études sur la gouvernance et la bonne gouvernance sera basée au Cameroun ; L’université ayant comme spécialité les Maths, la Physique et les Sciences technologiques sera basée au Kenya. L’Algérie verra naître une université spécialisée dans les métiers de l’eau, l’environnement et le développement durable ; Enfin, l’Afrique du Sud accueillera le pôle universitaire spécialisé dans l’Industrie et l’Aérospatiale.
Ce projet est certes ambitieux mais il faut dire que sa réalisation permettra à beaucoup de jeunes d’étudier en Afrique et d’acquérir les mêmes compétences et connaissances qu’en allant étudier à l’étranger.  
 
A la question: faut-il reformer le système universitaire africain? la réponse est sans aucun doute: OUI. L’université africaine n’est pas à l’image du développement actuel de l’Afrique. Elle nécessite  d’être adapter au présent. Car il est plus nécessaire et bénéfique pour l’Afrique de produire des étudiants compétents et qualifiés capable de réfléchir et de résoudre les problèmes du présent plutôt que ceux du passé. 
 

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