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Ednancyview

L'Afrique a les moyens de se nourrir selon la Banque mondiale!

25 Octobre 2012, 22:08pm

Publié par Ednancy

Agriculture Bio au Bénin.

    Selon un nouveau rapport de la Banque mondiale, l’Afrique a largement les moyens nécessaires pour mettre fin à la famine. En effet, le nouveau document de la Banque mondiale souligne que l’Afrique, en débloquant le commerce régional de produits alimentaires, peut non seulement se nourrir elle-même, gagner des milliards et éviter par la même occasion de futures crises alimentaires. Cela signifie qu’en supprimant les barrières aux commerces interrégionales de denrées alimentaires de base au sein du continent, chaque pays pourrait profiter des bienfaits de l’agriculture. Il est indéniable qu’en Afrique, c’est l’agriculture, ce secteur informel qui permet d’enrayer la pauvreté chez beaucoup de familles pauvres. L’activité agricole en Afrique est surtout dominée par la présence des femmes qui, grâce à leur production assurent leur survie propre et celle de leurs familles. Cependant, avec pas moins de 19 millions de personnes menacées par la famine et surtout la malnutrition au Sahel, il serait temps que les fruits des activités agricoles soient facilement transportables d’un pays à un autre à l’intérieur du continent.

Selon la vice-présidente de la Banque mondiale, Makhtar Diop : « L’Afrique a la capacité de produire et de fournir des denrées alimentaires de bonne qualité pour nourrir les familles du continent…Cependant, ce potentiel n’est pas exploité car les agriculteurs sont confrontés à plus d’obstacles commerciaux pour acheminer leurs produits alimentaires jusqu’au marché qu’ailleurs dans le reste du monde. Trop souvent, les frontières font barrage à l’acheminement des denrées alimentaires jusqu’à des foyers communautaires aux prises avec une pénurie alimentaire »

Avec ce nouveau rapport, la Banque mondiale invite les gouvernements africains à faciliter les échanges commerciaux entre pays africains fertiles et les pays qui souffrent de pénuries alimentaires ou menacés par la sécheresse. Pour l’institution, il est grand temps de mettre fin à ces obstacles entre pays car d’ici à 2020, la demande de produits alimentaires de base risque de doubler, accentuée aussi par une migration accrue (les populations quittant de plus en plus les campagnes pour s’installer dans les villes du continent). Les pays de l’Afrique Subsaharienne devraient ainsi songer à accroître de façon importante leurs échanges de produits alimentaires au cours des prochaines années afin  de gérer l’impact d’une aggravation de la sécheresse, d’une hausse des prix alimentaires, d’une croissance démographique rapide et de la volatilité des conditions climatiques.

Par ailleurs, signalons que la production du continent africain des produits alimentaires de base représente au moins 50 milliards de dollars par an. Le rapport suggère que si les dirigeants africains venaient à développer le commerce interrégional en supprimant les barrières, les exploitants agricoles africains (qui sont pour la plupart des femmes) pourrait augmenter leur productivité tout en répondant à demande croissante du continent et profiter ainsi d’une opportunité de croissance majeure. Comme résultat de cette redynamisation du commerce interrégional, la création d’emplois dans les services tels que la distribution, la baisse de la pauvreté et surtout la diminution des importations étrangères de produits alimentaires qui sont souvent très chères.

Le rapport cite plusieurs obstacles au développement du commerce interrégional africain. Tout d’abord, le mauvais état des routes et le coût très exorbitant des transports : En effet, les agriculteurs africains ont peu d’incitations à investir dans les camions modernes et dans la logistique. Ensuite, le caractère imprévisible des politiques commerciales : les quotas, les droits de douanes souvent variables, freinent les exportations et importations à l’intérieur du continent. Comme solution, les Etats africains devraient penser à établir un marché compétitif pour renforcer les réseaux de distribution des produits alimentaires. Ce sont les pauvres qui bénéficieront de l’instauration de ce marché compétitif. Le rapport cite comme exemple, la capitale du Kenya ; En effet, en Nairobi, les pauvres des bidonvilles payent plus cher pour leur mais, leur riz et d’autres produits alimentaires de base que les personnes aisées dans les supermarchés locaux.

Pour l’instant, « la principale difficulté pour le continent est de savoir comment créer un environnement concurrentiel dans lequel les pouvoirs publics adoptent des politiques crédibles et stables qui encouragent les investisseurs privés et les entreprises à dynamiser la production alimentaire dans la région de sorte que les agriculteurs puissent obtenir des capitaux, des semences et  les machines dont-ils ont besoin pour devenir efficients et pour que les familles puissent avoir accès à des produits alimentaires de bonne qualité dans des quantités suffisantes et au juste prix » a déclaré Paul Brenton, économiste principal pour l’Afrique à la Banque mondial et principal auteur du rapport.

Selon vous, les dirigeants africains seront-ils capables de créer un marché compétitif de produits alimentaires de base sachant que cela nécessite la suppression des barrières aux commerces transfrontaliers ?

 Source: Banque mondiale

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