Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Ednancyview

De la croissance à la réduction de la pauvreté : existe-il une autre solution?

25 Janvier 2014, 17:23pm

Publié par Ednancy

L’Afrique est devenue bon gré mal gré, objet de convoitise depuis qu’elle bénéficie d’une bonne croissance économique. D’ailleurs, récemment lors de l’ouverture du sommet France-Afrique, le président français arguait dans son discours que le continent africain, jadis oublié dans les entrailles du sous-développement serait l’avenir économique de la France. Certes, mais comment l’Afrique dans sa totalité peut-elle s’attribuer ce mérite si, elle peine à être l’avenir de ses propres fils ? Plus explicitement, comment l’Afrique peut-elle participer à la prospérité économique française alors que sa croissance ne bénéficie pas à ses enfants et ne permet pas de réduire la pauvreté ?

Pour en revenir à la croissance économique africaine, si l’on en croit la Banque mondiale et le FMI, les perspectives macroéconomiques du continent sont optimistes. L’Afrique peut s’attendre à un accroissement de son PIB de l’ordre de 6% en 2014 bien plus élevé que celui de 2013 qui en moyenne s’aventure autour de 5%. Situation positive pour les pays africains qui, devront surfer sur cette vague aléatoire pour sortir de la trappe à la pauvreté. De ce fait, la théorie économique qui voudrait que, la stabilité économique d’un pays via sa bonne croissance soit un tremplin pour la réduction de la pauvreté peut désormais s’appliquer aux économies africaines. Jusque-là, tout va bien. 

Cependant, cela fait plus de deux ans que l’Afrique connaît les meilleures avancées en matière de croissance économique mondiale. Paradoxalement, elle peine à sortir de l’ornière de la pauvreté. Rappelons-le, la population africaine compte parmi les plus pauvres du monde.L’africain lambda continue de vivre avec moins de 1,25 dollar par jour. L’extrême pauvreté sévit toujours et c’est l’Afrique subsaharienne qui comptabilise les plus mauvais chiffres : plus de 400 millions de personnes en Afrique subsaharienne vivaient dans l'extrême pauvreté en 2010. Ainsi donc, cette chère croissance économique souhaitée par toute économie s’avère être un couteau à double tranchant. Les experts de la Banque mondiale parle d’une « croissance à deux vitesses ». Elle pourrait donc avoir des externalités positives et négatives sur le bien-être d’une population. Positive? Elle pourrait être créatrice d’emplois, ce qui permettrait d’accroître le revenu et donc de favoriser la consommation pour ainsi permettre le développement. En revanche, elle pourrait être source d’externalités négatives si, la répartition des richesses issues de la croissance du PIB est inégalitaire. Par conséquent, une augmentation du PIB ne se traduirait pas nécessairement par une amélioration de la situation de chacun. On peut dire que les plus riches continuent à s’enrichir et les plus pauvres à s’appauvrir. Un véritable fossé continue de se créer entre les plus riches et les plus pauvres des pays. La croissance ne bénéficierait pas aux pauvres : ils n’ont pas toujours accès aux capabilities de l'économiste indien Sen : eau, nourriture, soins de santé et même l’électricité. 

Comment alors sortir de ce cercle infernal ? Faudrait-il changer la nature de la croissance pour qu’elle corresponde dans une commune mesure à tous ? Presque toutes les solutions ont été épuisées pour éradiquer la pauvreté : investissements en éducation, dans la santé, Aide internationale…La solution n’est peut être pas là où on croît. Et si l’on allait chercher au fond du social et non pas de l’économique pour éradiquer la pauvreté ? Tel sera l’objet de mon prochain article : immerger au cœur du social afin de tenter d’apporter une solution à la réduction de la pauvreté en Afrique.

A venir: Et si, le capital social était cet ingrédient qui manquait dans les différentes stratégies de réduction de la pauvreté en Afrique ?

Commenter cet article