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Ednancyview

Maroc : Quand la traite des philippines scandalise

25 Janvier 2013, 15:52pm

Publié par Ednancy

L'histoire est celle de ces femmes venant de Philippines pour travailler au Maroc. Elle raconte pour la première fois, leur calvaire quotidien. Entre tortures, viols répétitifs et malnutrition, ces domestiques philippines racontent les dessous de leur travail dans les familles marocaines.

Elles sont jeunes et ont quitté leur pays, les Philippines, pour venir gagner leurs vies au Maroc. Cependant, du jour au lendemain, leur situation vire au cauchemar, elles se retrouvent enfermées et exploitées à leur détriment. Embauchées comme domestiques par de riches familles, elles s’attendaient à être entre de bonnes mains et travailler paisiblement. Force est de constater qu’au final, elles ont fini par devenir des esclaves  soumises aux ordres er désirs de “maîtres” arrogants et inhumains. Privées de leurs salaires et de leurs passeports, la plupart d’entre elles ne rêvent plus que d’une chose, sortir de ce cercle malsain et  rentrer chez elles. 

En décembre dernier, elles ont décidé de rompre le silence, quitte à rentrer en Philippines. C’est donc vers l’organisation démocratique du travail (ODT) au Maroc qu’elles se sont tournées afin de se faire entendre.

Témoignages

Annalissa a miraculeusement échappé à la famille rbatie qui l’employait et la séquestrait. Son passeport a été confisqué et l’est toujours. En 11 mois de quasi-esclavage, elle n’a perçu que 1600 DH au lieu des 2000 DH mensuels convenus initialement. Le 25 octobre 2012, son patron  fait pire : il profite de l’absence du reste de la famille pendant quelques jours pour la violer raconte le magazine francophone marocain Telquel.

Le sort de Bilia n’est guère différent. Ses journées de travail étaient interminables. Mais sans percevoir un sou pendant des mois avec, en prime, les pires privations. Son employeur, quand elle osait protester, l’affamait pendant des jours entiers, et la maîtresse de maison la battait. Elle la menaçait surtout d’envoyer à ses trousses des gens pour “lui régler son compte” si jamais elle tentait de s’enfuir. En fin de compte, elle a franchi le pas et sauté d’une fenêtre. Elle s’en est sortie avec un coude cassé, mais presque libre : il lui reste à récupérer son passeport pour pouvoir rentrer chez elle. Pour cela, son ancien employeur lui réclame 4000 dollars, soit la somme (prétendument ?) versée à des intermédiaires.

Mais comment ces jeunes femmes atterrissent-elles au Maroc ?

Pour Ali Lotfi, secrétaire général de l’ODT, Il n’y a aucun problème avec celles qui viennent via des agences spéciales et avec des contrats en bonne et due forme.” Le problème se pose pour les domestiques qui sont repérées sur place par des intermédiaires. La réalité est que, depuis quelques années, un véritable réseau de “traite des Philippines” s’active entre les deux pays. Pour entrer au Maroc, nul besoin de visa, et les jeunes femmes sont interceptées aux aéroports par les membres marocains du réseau. 

Et Comment les protéger ?

“Nous n’avons aucune structure d’accueil adaptée à ces cas et nous comptons sur les moyens du bord pour leur venir en aide”, enchérit Ali Lotfi, qui lance un appel alarmant aux bienfaiteurs. La priorité est de trouver un logement décent où ces jeunes femmes pourraient se retrouver en communauté en attendant de trouver une solution à cette situation précaire. Pour Ali Lotfi, un pas est déjà franchi du moment où les victimes ont pris leur courage à deux mains pour témoigner. Même si, pour le moment, elles n’ont que le soutien de l’ODT. 

A suivre

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